Abdoulaye Ly, directeur exécutif du Club des investisseurs sénégalais : Le secteur bancaire n’est pas structuré pour assurer le financement des mines

Lundi 9 Octobre 2023

Se prononçant le 4 octobre 2023 dans le cadre de l’édition 2023 du Salon international des mines (Sim), Abdoulaye Ly, Directeur exécutif du Club des investisseurs sénégalais (Cis) a laissé entendre que les banques des pays en développement d’Afrique en général et du Sénégal en particulier ne disposent pas de ressources adaptées pour satisfaire les importants besoins de financement du secteur minier.


Étayant son propos, M. Ly qui présidait un panel sur la mobilisation des financements considère que la lancinante question de l’insuffisance des crédits à l’économie est encore plus aigüe dans le secteur des mines réputé très intensif en capital.
 
En dépit des avancées récentes dans la diversification du paysage financier, les banques surtout les filiales de groupes occidentaux présentent une faible appétence pour le risque. De plus, elles sont historiquement dotées de ressources a vue inadaptées pour des financements longs qui constituent la demande des miniers.
 
«Le secteur est marqué par un degré de risque plus élevé comparé à d’autres filières économiques. En effet, les travaux d’exploration qui exigent des financements très lourds au rendement aléatoire, présentent la caractéristique majeure d’être fortement chargés d’incertitudes, moins de 1% des recherches aboutissent à des découvertes tangibles. A cela, il faut ajouter la volatilité des cours des minerais qui obère la prévisibilité dans le remboursement des prêts. De ce fait, dans le secteur minier plus qu’ailleurs, le risque de marché, induit par l’évolution défavorable des conditions de marché, entraine le défaut des emprunteurs face à leurs obligations », a fait savoir Abdoulaye Ly.
 
Selon lui, le caractère informel des demandeurs de crédit est une autre contrainte de financement car les établissements de crédit sont soumis à des règles prudentielles qui rendent obligatoire le respect des normes universelles très strictes très éloignées des pratiques informelles qui caractérisent la majorité des Pme en Afrique.
 
La plupart des textes conçus sous forme de codes ou lois ne prévoient pas de dispositions pour le financement sauf pour le volet social minier.
 
Pour pallier à cette situation, M. Ly estime que les États pourraient favoriser et consolider la tendance de l’africanisation des banques, aider le secteur privé à s’approprier les dispositifs multilatéraux pour le financement des mines comme le mécanisme pour une exploitation minière adaptée à l’action climatique de la Banque mondiale lancé en 2019. Il y’a lieu également de tirer profit des situations d’abondance pour mettre en place des fonds d’impulsion publique avec effet de levier. L’idée est de développer un cercle vertueux par lequel les revenus tirés des mines financent les mines.
 
La gouvernance avec son corollaire la transparence offrirait plus de prévisibilité pour inciter davantage l’investissement privé.
 
Du reste, toutes ces mesures devront être au cœur des propositions du secteur privé dans le cadre de la future réforme du code minier de 2016.
 
Enfin, Abdoulaye Ly estime que l’amélioration de la maturité des projets est une condition nécessaire mais pas suffisante pour assurer la bancabilité des demandes de financements.
 

Adou Faye 
Actu-Economie


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